Les 18 et 19 septembre 2024, le SIDO 2024 a réuni à Lyon les acteurs majeurs de l’Internet des objets (IoT), de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotique. Cet événement incontournable dans le paysage technologique européen a permis d’aborder les dernières innovations tout en soulevant des questions cruciales sur l’éthique et la souveraineté numérique.
Revenons ensemble sur les temps forts de cette édition, en commençant par la conférence d’ouverture, qui a donné le ton en réunissant des personnalités influentes du monde de l’IA et de la technologie.
Une conférence d’ouverture riche en enseignements sur l’IA et l’éthique
L’édition 2024 du SIDO a débuté par une conférence d’ouverture marquante, animée par Gautier Virol, journaliste et chef du service Web de L’Usine Nouvelle.
Cette table ronde a permis de faire un état des lieux sur les enjeux actuels de l’intelligence artificielle et d’aborder les défis qui attendent l’Europe face à des puissances comme les États-Unis et la Chine.

Voici les intervenants clés de cette session :
- Laurence Devillers, professeure en IA et éthique à la Sorbonne-Université et chercheuse au CNRS-LISN, a mis en lumière l’importance de l’éthique dans le développement de l’IA. Elle a souligné le besoin crucial de réguler ces technologies pour garantir qu’elles soient utilisées de manière transparente et respectueuse des droits humains. Selon elle, l’acculturation des citoyens et des professionnels à ces technologies est indispensable pour éviter des dérives.
- Emanuela Girardi, présidente de l’ADRA (Artificial Intelligence and Robotics Association), a axé son intervention sur le financement de l’innovation en Europe. Elle a insisté sur l’importance de renforcer les investissements européens pour ne pas dépendre des géants américains et chinois. Elle a également souligné les initiatives de l’Union européenne pour soutenir les start-ups et PME innovantes à travers des programmes de financement ambitieux.
- Jean Bolot, vice-président senior de la recherche chez Orange Innovation Research, a partagé sa vision sur le futur de l’IA dans le secteur des télécommunications. Il a abordé la souveraineté numérique et les défis liés à l’utilisation des données personnelles. Pour lui, il est essentiel de garantir la sécurité et la confidentialité des données tout en exploitant le potentiel de l’IA pour offrir des services toujours plus innovants aux consommateurs.
- Florent Kirchner, directeur du Pôle Souveraineté Numérique au Secrétariat Général pour l’Investissement / France 2030, a insisté sur la nécessité d’une souveraineté technologique européenne. Face à la domination des acteurs américains et chinois, il a défendu l’idée d’une Europe capable de développer ses propres infrastructures, solutions IA et réseaux pour garantir son indépendance stratégique à long terme.
- Enfin, François Terrier, directeur des programmes de l’Institut List du CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique), a apporté un éclairage sur les applications industrielles de l’IA et l’importance de son intégration dans les processus de production. Il a notamment présenté des projets en cours qui démontrent l’impact positif de l’IA sur la productivité et la durabilité des entreprises.
Des sujets centraux : IA éthique, souveraineté et acculturation
Cette table ronde a mis en avant plusieurs axes clés :
- L’éthique dans l’IA : L’un des points majeurs abordés a été la nécessité de développer une IA responsable et éthique, respectueuse des droits individuels. L’Europe, en particulier, se positionne comme un leader dans la création de réglementations éthiques autour de l’IA, en opposition aux modèles plus permissifs adoptés par d’autres puissances mondiales.
- L’acculturation à l’IA : L’importance d’éduquer et de sensibiliser non seulement les entreprises, mais aussi le grand public aux enjeux de l’intelligence artificielle a été soulignée. Cela inclut une meilleure compréhension des biais algorithmiques, des opportunités et des risques liés à l’automatisation.
- La souveraineté numérique : Alors que les États-Unis et la Chine dominent le marché des technologies, la question de la souveraineté européenne dans le secteur de l’IA et du numérique a été au cœur des débats. La nécessité de créer une infrastructure technologique indépendante, soutenue par des financements européens importants, a été martelée pour garantir la compétitivité et la sécurité du continent.
Des innovations technologiques au service de l’industrie
En dehors des conférences, le SIDO 2024 a offert aux visiteurs un aperçu des dernières innovations dans le domaine de l’IoT et de la robotique. Des démonstrations de robots autonomes et des ateliers interactifs sur la maintenance prédictive et l’industrie 4.0 ont montré comment ces technologies transforment déjà les chaînes de production et améliorent l’efficacité opérationnelle.




















Le SIDO 2024, un tremplin pour l’avenir de l’innovation européenne
Le SIDO 2024 a une fois de plus démontré l’importance de cet événement pour les acteurs de l’innovation technologique en Europe. Les débats sur l’IA, l’éthique, et la souveraineté numérique ont posé des bases solides pour les futures politiques technologiques du continent.
Alors que les innovations se multiplient, l’Europe doit continuer à soutenir ses entreprises et à se doter de régulations permettant un développement responsable et éthique des technologies. Le rendez-vous est donc pris pour la prochaine édition du SIDO, qui promet encore d’être un lieu d’échanges et de découvertes technologiques incontournables.
Ping : #Sido2025 Géopolitique de la tech : l’Europe face au défi du numérique mondial - Mallys & Digital Creative Media