Crowdstrike : Une panne révélatrice et des questions pour les DSI

Le 19 juillet dernier, la planète numérique a été secouée par une panne majeure liée à une mise à jour du client EDR « Falcon » de Crowdstrike sur les systèmes Windows. Cette mise à jour défectueuse a impacté environ 12% des PC sous Windows à travers le monde. Les conséquences ont été nombreuses, avec des secteurs critiques, tels que les hôpitaux et les services de santé, fortement touchés.

Cet incident majeur soulève des interrogations quant aux pratiques de mise à jour et à la résilience des systèmes informatiques face à de tels incidents. Mais au-delà de l’incident technique, quelles leçons les responsables informatiques, ou DSI (Directeurs des Systèmes d’Information), peuvent-ils tirer de cet événement ?

Une mise à jour qui a déraillé

Le problème central provenait d’une mise à jour du client « Falcon » qui a introduit un bug critique dans deux composantes : le Rapid Response Content et le Content Validator. Le premier gère les réponses rapides en cas d’incident, tandis que le second valide les contenus. L’erreur a entraîné un cycle infini de démarrages et redémarrages sur des milliers d’ordinateurs Windows à travers le monde. Des machines critiques dans des secteurs sensibles ont été immobilisées, créant une onde de choc dans plusieurs organisations.

L’équipe de Crowdstrike a réagi en publiant des correctifs environ 79 minutes après l’identification du problème. Cependant, l’impact avait déjà été significatif, forçant de nombreuses entreprises à adopter des solutions de contournement temporaires pour reprendre le contrôle de leurs systèmes.

Un signal d’alarme pour les DSI

Cet incident a mis en lumière la vulnérabilité des infrastructures informatiques modernes face à des mises à jour défectueuses. En effet, dans un monde où tout est interconnecté, une simple erreur dans une mise à jour logicielle peut rapidement prendre des proportions globales. Il devient ainsi essentiel pour les DSI d’intégrer des mécanismes de protection proactive pour éviter ce genre de situation.

Quatre leçons majeures se dégagent de cet incident :

  1. Ne jamais planifier de mises à jour le vendredi !
    Ce qui semble être une règle basique prend ici toute son importance. Une mise à jour déployée avant le week-end ou lors d’une période critique, comme les vacances d’été ou des événements majeurs (JO, etc.), laisse peu de marge de manœuvre en cas de problème. Crowdstrike a appris cette leçon de manière difficile.
  2. En cas de doute, redémarrer, redémarrer !
    Le redémarrage reste souvent la solution de dernier recours face à un système figé. Cependant, dans le cas de ce bug, les DSI ont rapidement appris qu’il était nécessaire d’effectuer plusieurs redémarrages, voire d’utiliser des outils spécialisés, pour résoudre le problème.
  3. Utiliser les outils de récupération à disposition
    Windows propose aux administrateurs système divers outils de récupération, souvent négligés ou sous-utilisés. Dans ce type d’incident, ces outils sont cruciaux pour rétablir rapidement les systèmes en panne. Il est donc primordial de les garder à portée de main.
  4. Tout est interconnecté et interdépendant
    Aujourd’hui, tous les systèmes d’information sont en interconnexion permanente. Cette interdépendance accentue la vulnérabilité des entreprises face à un bug ou une défaillance. Chaque DSI doit donc penser non seulement à la résilience de ses propres systèmes, mais aussi à celle de son écosystème technologique.

Au-delà de l’incident technique : la gestion des dépendances

L’incident Crowdstrike illustre également un problème récurrent dans les environnements cloud et multi-clouds actuels : la gestion des dépendances. Dans le cas présent, beaucoup d’entreprises impactées dépendaient de Microsoft Azure, le principal partenaire cloud de Crowdstrike, pour exécuter leurs solutions. Cela montre combien les entreprises doivent soigneusement évaluer les services sur lesquels elles reposent et se préparer à des défaillances éventuelles.

Dans un monde où les services cloud deviennent la norme, les entreprises doivent penser à la diversification de leurs fournisseurs et ne pas mettre tous leurs systèmes critiques dans le même panier. Cet incident rappelle que même les géants de la cybersécurité comme Crowdstrike peuvent connaître des défaillances. Par conséquent, les entreprises doivent mettre en place des plans de continuité d’activité robustes qui incluent des solutions de secours et de récupération des données.

Tirer des leçons pour l’avenir

L’incident du 19 juillet avec Crowdstrike a mis en lumière des questions critiques auxquelles les DSI doivent prêter attention. La rapidité des correctifs et la réponse de Crowdstrike ont certes permis de limiter les dégâts, mais cela n’efface pas l’impact qu’a eu cette panne sur les entreprises touchées.

Les pannes informatiques sont inévitables, mais leur gestion, la mise en place de plans de continuité d’activité, ainsi que la vigilance constante face aux mises à jour logicielles, peuvent faire toute la différence. L’important, pour les DSI, est de tirer les bonnes leçons de chaque incident pour renforcer la résilience de leurs systèmes et éviter que de tels problèmes ne se reproduisent.

En fin de compte, cette panne est un rappel que même les meilleures solutions de cybersécurité ne sont pas infaillibles. Il est essentiel de toujours avoir un plan B et d’être prêt à réagir rapidement lorsque les systèmes critiques sont compromis. Pour les entreprises, l’anticipation et la préparation restent les clés pour minimiser les risques liés aux infrastructures numériques interconnectées.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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