Le CES 2026 n’a pas encore ouvert ses portes, mais on a déjà une idée assez claire de ce qui va marquer cette nouvelle édition du plus grand salon mondial de la tech. IA partout, robots qui quittent les usines, maisons intelligentes, santé augmentée, énergie sous tension : Las Vegas devrait une nouvelle fois donner le ton des grandes révolutions technologiques à venir.
Du 6 au 9 janvier 2026, cette 59ᵉ édition du CES (Consumer Electronics Show) rassemblera plus de 4 500 exposants, 1 400 start-up et plus de 140 000 visiteurs.
Alors, à quoi faut-il s’attendre au CES 2026 ? Quelles innovations vont peser le plus sur notre quotidien, notre économie, nos emplois et nos modes de vie ? Tour d’horizon des 8 grandes tendances à surveiller.
L’intelligence artificielle n’est plus seulement un outil pour chatter ou générer des images. Elle devient une véritable infrastructure qui rebat les cartes de l’économie mondiale.
Côté grand public (B2C), une nouvelle génération d’IA va encore plus loin :
- Des agents capables de contrôler notre ordinateur, cliquer, naviguer, remplir des formulaires à notre place.
- Des “personal shoppers” autonomes qui comparent les offres, négocient les prix et commandent en ligne pour nous.
- Des assistants personnels nouvelle génération qui organisent notre quotidien : agenda, voyages, démarches administratives, budget.
Côté entreprises (B2B), l’IA se spécialise secteur par secteur, avec un objectif clair : réduire les coûts et optimiser les opérations.
- Agriculture : analyse des champs, optimisation des rendements, surveillance des cultures en temps réel.
- Aérien : entretien prédictif des flottes, gestion optimisée des pièces et des temps d’immobilisation.
- Industrie : contrôle qualité automatisé directement sur les chaînes de production.
- Droit et finance : recherche juridique, rédaction de contrats, détection de fraudes, analyse prédictive des marchés financiers.
Mais la vraie rupture, c’est l’IA “agentique” : des groupes d’agents autonomes coordonnés par un “agent maître” pour gérer des systèmes complexes.
- Service client automatisé 24/7 mais hyper personnalisé.
- Gestion proactive d’infrastructures critiques (énergie, transport, réseaux).
- Organisation et optimisation d’activités entières d’entreprise, du back-office à la relation client.
En filigrane, une question de fond : jusqu’où ces agents vont-ils remplacer des tâches – et donc des emplois – aujourd’hui réalisés par des humains ?
Au CES 2026, la fusion entre IA et robotique va s’afficher partout. L’IA quitte l’écran pour se matérialiser en machines capables d’agir dans le monde réel.
On peut s’attendre à voir :
- Des robots humanoïdes capables d’apprendre de nouvelles tâches et de devenir de véritables employés polyvalents dans des entrepôts, des usines ou des centres logistiques.
- Des robots domestiques qui vont bien au-delà de l’aspirateur autonome : ménage, rangement, assistance à domicile.
Côté B2B et industrie, les robots se spécialisent :
- Robots agricoles autonomes : semis, récolte, surveillance des cultures, 24h/24.
- Robots logistiques : préparation de commandes, tri automatisé, gestion des flux dans les entrepôts.
Les exosquelettes seront aussi très présents, pour répondre à des besoins très concrets :
- Exosquelettes souples en textile pour soutenir les mouvements des personnes âgées ou en perte de mobilité.
- Exosquelettes mécaniques pour accompagner les personnes en situation de handicap ou réduire la pénibilité des tâches physiques dans l’industrie.
Objectif : faire face à la pénurie de main-d’œuvre, au vieillissement de la population, tout en augmentant la productivité.
La mobilité va rester un sujet central au CES 2026, dans un contexte de forte montée en puissance des constructeurs chinois face aux acteurs occidentaux. Ce salon sera un bon révélateur des stratégies et des technologies qui vont structurer le marché dans les prochaines années.
Parmi les tendances à surveiller :
- Nouvelles générations de batteries solides ou à haute densité énergétique, avec une autonomie potentiellement doublée.
- Recharge par induction (sans câble), intégrée dans le mobilier urbain, les parkings ou voire les routes.
- Hydrogène nouvelle génération, plus performant, pour les véhicules lourds ou longue distance.
- Hybrides “réinventés” : l’IA optimise en temps réel le recours au thermique ou à l’électrique en fonction du trajet et des usages.
- Robotaxis et navettes autonomes, pour le transport urbain et périurbain.
Des innovations plus industrielles devraient aussi être mises en avant : véhicules autonomes pour la logistique, le BTP, les ports ou les sites industriels, avec une automatisation croissante des opérations.
On parle beaucoup de smartphones, mais l’étape suivante, c’est le “smart human” : des technologies qui s’accrochent directement à notre corps et intègrent l’IA dans notre perception du monde.
Au CES 2026, on devrait voir :
- Des lunettes à vision augmentée : informations contextuelles dans le champ de vision, assistance temps réel, traduction instantanée.
- Des bagues connectées : suivi biométrique continu, mais aussi possibilité de “chuchoter” à son IA en parlant dans sa main.
- Des pendentifs intelligents : transcription automatique et résumé des conversations, prise de notes passive de la journée.
- Des interfaces cerveau-machine plus accessibles, avec contrôle par la pensée de certains dispositifs, aide à la concentration ou amélioration du sommeil.
On passe d’un monde où l’on “ouvre une appli d’IA” à un monde où l’IA est littéralement greffée à notre quotidien, via des objets que l’on porte en permanence.
La santé reste l’un des secteurs les plus innovants au CES, avec un double mouvement : augmenter les capacités du praticien et rendre le patient plus autonome.
Côté professionnels de santé :
- Assistants IA de pré-diagnostic qui analysent les données en temps réel pendant la consultation.
- Génération automatique de la documentation médicale : comptes rendus, dossiers, ordonnances.
- Robots chirurgicaux de plus en plus précis et semi-autonomes.
- IA et robots pour pallier le manque de personnel dans les hôpitaux et les cliniques : surveillance, assistance, support et même réconfort des patients.
- Nouvelles générations d’imagerie médicale (radio, IRM) pour des diagnostics plus rapides, plus précis et accessibles dans les zones reculées.
- Thérapies anticancer de pointe et traitements personnalisés basés sur le génome du patient.
Côté patients :
- Objets connectés prédictifs : patchs pour le diabète sans piqûre, vêtements détectant précocement les arythmies, capteurs pour les maladies chroniques.
- Suivi continu des maladies chroniques à domicile, avec remontée automatique des données au médecin.
- Prévention personnalisée grâce aux données génétiques, aux habitudes de vie et au comportement.
- Dispositifs pour les personnes en situation de handicap : lunettes qui guident les personnes aveugles, fauteuils roulants autonomes, interfaces intelligentes pour mieux interagir avec l’environnement.
La frontière entre hôpital et domicile devient plus floue, avec un suivi de santé beaucoup plus continu et data-driven.
Explosion des besoins énergétiques (mobilité, industrie, mais surtout data centers d’IA), urgence climatique… Le CES 2026 va mettre en avant des solutions pour produire et consommer l’énergie autrement.
Parmi les innovations attendues :
- Micro-nucléaire : petites unités compactes, sécurisées, installables à proximité des data centers.
- Éoliennes verticales, flottantes ou sans pales, pour s’adapter à plus de terrains et réduire les nuisances.
- Photovoltaïque flexible : panneaux solaires intégrés dans les façades d’immeubles, les routes, les toits de véhicules.
- Batteries solides pour le stockage à grande échelle et la stabilisation des réseaux.
- Data centers “extrêmes” : mobiles, sous-marins, voire spatiaux, pour optimiser les conditions de refroidissement et l’accès à l’énergie.
Point commun : l’IA sera au cœur de la gestion de ces systèmes, pour optimiser en temps réel production, stockage et consommation.
Un concept clé pourrait s’imposer au CES 2026 : le “Q-Day”. C’est le jour où les ordinateurs quantiques deviendront suffisamment puissants pour casser une grande partie des systèmes de cryptographie actuels. L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) estime cette échéance autour de 2030.
Pour les entreprises, cela signifie une chose : il faut anticiper dès maintenant une refonte des systèmes de sécurité. D’autant plus que l’IA est déjà utilisée par les hackers pour lancer des attaques massives, ciblées et largement automatisées.
On peut donc s’attendre à voir :
- Des solutions de cryptographie post-quantique pensées pour résister aux ordinateurs quantiques.
- Des innovations en matière de blockchain et de registres distribués.
- Des IA offensives et défensives, capables de détecter, analyser et contrer des cyberattaques d’un nouveau genre.
La cybersécurité passe ainsi dans une nouvelle dimension, où se mêlent IA, quantique et nouvelles architectures de confiance.
Dernier grand terrain de jeu de la tech au CES 2026 : notre maison. La “smart home” passe à l’étape supérieure et se transforme en véritable centre de service domestique autonome.
Parmi les innovations attendues :
- Robots ménagers nouvelle génération : aspirateurs capables de franchir les obstacles, bras articulés pour plier le linge, nettoyer les vitres ou les surfaces verticales.
- Réfrigérateurs intelligents : gestion automatique des stocks, suggestions de recettes en fonction de ce qu’il reste, commande automatique des courses, conseils nutritionnels personnalisés.
- Systèmes de chauffage et d’éclairage adaptatifs : réglages en fonction de la présence, des habitudes, des envies du moment.
- Écosystèmes unifiés : pilotage de l’ensemble de la maison via la voix ou des gestes, avec une IA centrale qui orchestre tous les objets connectés.
L’idée générale : transformer les tâches domestiques en processus automatisés, pour nous libérer du temps… avec en arrière-plan, la question de la data et de la confidentialité dans une maison truffée de capteurs.
IA omniprésente, robots utiles, santé augmentée, course à l’énergie, sécurité repensée face au quantique : le CES 2026 devrait confirmer que l’on change d’échelle. L’IA n’est plus un “outil de plus”, elle devient une couche invisible qui s’intègre partout : dans nos objets, nos corps, nos villes, nos usines, nos systèmes de défense.
Reste une série de questions majeures : comment réguler ces technologies ? Comment protéger les emplois ? Comment garantir la souveraineté numérique et énergétique ? Et surtout : qui va prendre l’avantage dans cette nouvelle bataille mondiale de la tech ?