2025 aura été une année de tous les paradoxes au cinéma et à la télé : d’un côté, des blockbusters qui cartonnent, des séries événement qui font le buzz, et de l’autre, un secteur en crise, des salles qui peinent à remplir les fauteuils, et des plateformes qui coupent les budgets. Rétrospective en mode cash, tendance, et sans langue de bois.
Le cinéma 2025, c’est d’abord une domination sans partage de l’animation, surtout en mondial. Pour la première fois, un film d’animation non anglophone, Ne Zha 2, devient le film le plus rentable de l’année avec plus de 2,2 milliards de dollars de recettes, dépassant même les mastodontes hollywoodiens.
Mais côté Hollywood, le constat est plus nuancé : le box-office US stagne autour de 8,2 milliards de dollars, en hausse de seulement 1%, et la fréquentation chute, notamment en été. Les salles ont été sauvées par quelques titres phares, mais le public reste frileux, et les échecs budgétaires (comme le Blanche-Neige de Disney, qui a coûté 270 M$ pour rapporter 205 M$) font mal.
En France, le phénomène Menteuse d’Émile Gaudreault a dominé l’été, dépassant les 2,5 millions d’entrées, prouvant que la comédie locale reste un atout majeur pour le public.
2025, c’est aussi l’année où plusieurs esthétiques et thèmes ont pris le pouvoir sur nos écrans, au point de devenir des tendances culturelles à part entière.
- Le retour des années 80 : entre Stranger Things S5, Tron: Ares et les looks ultra-colorés, la décennie du synthé, des épaules XXL et des néons est partout, dans la mode comme dans les séries et les clips.
- L’esthétique gothique : avec la saison 2 de Mercredi, le Frankenstein de Guillermo del Toro, et les clips sombres de Lady Gaga ou Charli XCX, le gothique chic et le dark fantasy ont remplacé le style fluo et ultra-positif des années précédentes.
- Le sexe revient à l’écran : après une période de pudeur, le cinéma assume à nouveau la sensualité, voire l’érotisme frontal. Babygirl d’Halina Reijn, avec Nicole Kidman, ou les prochaines adaptations comme Hurlevent et Pillion, montrent que le sexe est redevenu un sujet fort, presque politique.
- Le revival Old Hollywood : robes longues, brushing impeccable, lèvres rouges… Le glamour des années 40-60 revient en force, porté par des stars comme Sabrina Carpenter, Taylor Swift ou Pamela Anderson, et s’impose comme l’allure chic par excellence.
- L’esthétique religieuse : robes monacales, voiles, croix, lumière blanche… L’imaginaire sacré envahit la pop culture, avec des albums comme Lux de Rosalía, des clips sulfureux façon nonne, et des adaptations de figures comme Mère Teresa ou Joseph.
- Le F1Core : le succès de F1 avec Brad Pitt a lancé une véritable tendance mode et lifestyle, avec combinaisons de pilote, casques colorés, et marques qui surfent sur l’esthétique Formule 1 (Puma, Louis Vuitton, etc.).
- L’indie sleaze : le style trash, débraillé, rock, des années 2010 refait surface, avec bottes de pluie, jeans slim, et pièces moulantes, porté par des stars comme Addison Rae ou Charli XCX, comme un antidote au minimalisme scandinave.
Côté séries, 2025 a été marquée par des retours très attendus, des mini-séries qui font débat, et des formats qui repoussent les limites du genre.
- Les retours cultes : Stranger Things S5 (la fin de l’épopée), Squid Game S3, Mercredi S2, Dexter : Resurrection, The Bear S4, Severance S2, Andor S2, The Last of Us S2… Les grandes franchises ont livré leurs derniers ou prochains chapitres, avec un mélange de nostalgie et de renouveau.
- Les mini-séries qui font parler : Adolescence (Netflix), mini-série en plan-séquence sur un ado arrêté pour meurtre, a déclenché un débat mondial sur la masculinité, Internet et la justice.
- Les séries d’auteur : Pluribus (Apple TV), de Vince Gilligan, explore une humanité fusionnée en un seul cerveau, entre science-fiction et réflexion politique. The Studio (Apple TV) est une satire acerbe du monde du cinéma hollywoodien, entre Urgences et The West Wing.
- Les drames intimes : Le Sens des choses (HBO Max), sur une jeune rabbine, ou Los años nuevos (Arte), qui suit un couple sur dix ans à chaque Nouvel An, offrent des échappatoires plus intimes et poétiques.
- Les anthologies et vrais crimes : Monstre. L’histoire d’Ed Gein (Netflix) ou Cimetière indien (Canal+) continuent de fasciner avec leurs tueurs en série et leurs enquêtes glaçantes.
Au cinéma, 2025 a été une année de grands films d’auteur, de réinventions de genre, et de quelques blockbusters qui ont su surprendre.
- Les films d’auteur : Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, Tardes de soledad d’Albert Serra, Le Rire et le Couteau de Pedro Pinho, L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho, ou Nouvelle Vague de Richard Linklater ont été salués par la critique pour leur ambition, leur mise en scène, et leur regard sur le monde.
- Les réinventions de genre : Évanouis (Zach Cregger) est devenu la grosse surprise de l’année, un thriller d’horreur intelligent et visuellement fort, qui transcende le postulat de fait divers. Sinners de Ryan Coogler croise drame, horreur, folklore du Sud et vampirisme dans un film fiévreux et visuellement sublime.
- Les blockbusters qui marquent : Frankenstein de Guillermo del Toro, 28 ans plus tard, The Ugly Stepsister (une relecture horrifique de Cendrillon), ou Amélie et la métaphysique des tubes (un film d’animation poétique et bouleversant) ont montré que le grand spectacle pouvait aussi être ambitieux et émotionnel.
- Les films politiques et sociaux : Un simple accident de Jafar Panahi, Palme d’Or à Cannes, est un thriller politique et moral sur les blessures de la société iranienne, tandis que The Brutalist d’Adrien Brody explore l’art, l’ambition et le prix à payer pour construire une œuvre.
2025, c’est aussi l’année de quelques coups de théâtre et de consécrations.
- James Cameron devient milliardaire : grâce à la longévité de Titanic et d’Avatar, le réalisateur rejoint le cercle très restreint des cinéastes milliardaires, aux côtés de Spielberg et Lucas.
- Denis Villeneuve réalisateur de Bond 26 : le cinéaste de Dune prend les commandes du prochain James Bond, avec un scénario signé Steven Knight, et l’identité du nouvel 007 qui reste un mystère total.
- Mark Wahlberg, roi du streaming : l’acteur est devenu la vedette la plus rentable sur Netflix, Amazon et Apple, avec des revenus estimés à 95 millions de dollars en 2025, dépassant les cachets traditionnels des stars de cinéma.
- Le sabre laser de Darth Vader vendu 3,65 M$ : l’objet de collection le plus cher de l’histoire de Star Wars a été adjugé lors d’une vente aux enchères à Los Angeles, devenant un symbole de la culture geek et de la nostalgie.
2025 aura été une année de tous les contrastes : d’un côté, des blockbusters qui cartonnent, des séries événement qui font le buzz, et des tendances qui envahissent la culture pop ; de l’autre, un secteur en crise, des salles qui peinent à remplir les fauteuils, et des plateformes qui coupent les budgets.
Mais malgré les difficultés, le cinéma et la télé ont continué de proposer des œuvres fortes, ambitieuses, et parfois même révolutionnaires, que ce soit dans les grandes franchises ou dans les films d’auteur.
En 2026, la question sera de savoir comment l’industrie va rebondir : plus de séries, plus de cinéma d’auteur, plus de streaming, ou un retour en force des salles ? Une chose est sûre : le cinéma et la télé restent des territoires de tous les possibles, et 2025 aura été une année qui le prouve, malgré tout.