À la rédac, on adore quand la technologie ne sert pas juste à faire plus vite, plus grand, plus cher… mais à changer des vies. C’est exactement ce qu’a fait SeeHaptic, la start-up française qui a secoué le CES 2026 à Las Vegas avec une innovation complètement inédite : un dispositif qui permet aux personnes non-voyantes et malvoyantes de percevoir leur environnement par le toucher.
Une tech futuriste, ultra-sensorielle et surtout pensée pour le bien commun. Bref, de la tech for good comme on l’aime.
Lauréate du prix Lépine 2024, la start-up connue jusqu’ici sous le nom d’Artha se présente désormais sous une nouvelle identité : SeeHaptic. Ce changement de nom n’est pas juste un rebranding marketing. Il marque une maturation technique et une vraie déclaration d’intention : faire du toucher un nouveau langage universel pour les personnes déficientes visuelles.
Après huit longues années de R&D au sein du Campus Braille et plus de 300 tests utilisateurs, l’équipe a mis au point un dispositif qui allie intelligence artificielle et technologie haptique. L’objectif ? Transformer les images captées par des caméras en sensations tactiles perçues directement dans le dos via une ceinture intelligente.
Imaginez une sorte de “deuxième peau” capable de traduire le monde autour de vous. Le dispositif SeeHaptic fonctionne sur un principe de neurosciences appelé substitution sensorielle. En clair, le cerveau apprend à interpréter les signaux du toucher comme des images mentales.
Résultat : quand une personne équipée de la ceinture croise une porte, un obstacle ou une silhouette en mouvement, elle perçoit tout cela à travers 256 micro-pressions parfaitement coordonnées. L’information se forme instantanément dans le cerveau, sans passer par les yeux.
Derrière cette magie technologique, on retrouve une IA déterministe entraînée à reconnaître formes, distances et mouvements en temps réel. Elle peut même lire des panneaux, enseignes ou textes grâce à un module de reconnaissance optique (OCR), ajoutant une couche d’information sémantique sans dénaturer l’expérience tactile.
“SeeHaptic ne montre pas ce que l’œil voit, mais ce que le cerveau s’attend à voir par le toucher”, explique Rémi du Chalard, président-fondateur. Une phrase qui résume à elle seule le pari un peu dingue mais profondément humain du projet : redonner de l’autonomie aux personnes en situation de handicap visuel, tout en repensant la manière dont on interagit avec notre environnement.
L’approche de SeeHaptic fait un pied-de-nez à l’idée que la vision est le sens dominant. Ici, le corps devient un capteur. Et c’est une révolution douce, poétique même. L’équipe dit s’inspirer de l’impressionnisme, où ce ne sont pas les contours précis qui comptent, mais les sensations que le monde nous renvoie.
Avec son identité rafraîchie et sa tech finalisée, SeeHaptic prépare désormais sa commercialisation en 2026. L’entreprise veut rendre son dispositif accessible au plus grand nombre, notamment via des financements publics et des soutiens comme la MDPH ou l’AGEFIPH.
Une étude clinique menée avec l’Hôpital national des Quinze-Vingts permettra d’évaluer les bénéfices concrets avant une future demande de remboursement par l’Assurance maladie.
Mais au-delà des chiffres et des certifications, SeeHaptic c’est surtout une vision : rendre visible ce qui ne l’est pas. Dans un monde où les écrans saturent nos sens, cette innovation rappelle qu’il existe d’autres manières de percevoir, d’apprendre et de se mouvoir.
Et franchement, à la rédac, quand la technologie sert à rendre la liberté plutôt qu’à la prendre, on ne peut qu’applaudir.