« Don’t Go to the Police » : le docu-fiction qui va changer votre regard sur les ransomwares – Avant-première à Lyon

Pour les 10 ans d’Orange Cyberdefense, Lyon accueille le 11 mars l’avant-première d’un documentaire inédit sur une vraie cyberattaque par rançongiciel. Un film qui veut faire de la cyber un enjeu de société et qui tombe au meilleur (ou pire) moment.

 

Quand le cyber sort du datacenter pour entrer dans les salles

Ce mercredi 11 mars, au Pathé Vaise de Lyon, Orange Cyberdefense a ouvert les portes d’une avant-première qui n’a pas grand-chose à voir avec la formule habituelle du cocktail d’anniversaire. Pour ses 10 ans, l’acteur majeur de la cybersécurité en France a misé sur quelque chose de différent, de plus viscéral : un docu-fiction immersif, jamais vu dans l’écosystème cyber, intitulé Don’t go to the police.

Le concept ? Faire vivre de l’intérieur une vraie attaque par rançongiciel subie par une entreprise française et plonger dans les coulisses d’un groupe cybercriminel d’envergure internationale. Sa psychologie. Ses méthodes. Son démantèlement. Pas de reconstitution hollywoodienne : une enquête au long cours, six mois de tournage autour du monde, 18 experts qui témoignent.

La diffusion a ensuite été suivie d’un échange interactif avec l’équipe Orange Cyberdefense, puis d’un moment de networking dans une ambiance conviviale. Le film sort officiellement le lendemain, jeudi 12 mars, aux alentours de 17h.

Coaxis, l’entreprise au cœur du film

Au centre de l’enquête se trouve une société bien réelle : Coaxis, spécialisée dans l’hébergement et l’infogérance cloud. Son directeur, Joseph Veigas, témoigne directement dans le film, un choix de transparence rare dans un milieu où les victimes préfèrent généralement se taire.

L’attaque que Coaxis a subie n’est pas une attaque « classique ». En ciblant un hébergeur cloud, les cybercriminels ont frappé en cascade : les données de dizaines de clients ont été compromises ou chiffrées en même temps. C’est précisément ce type de scénario, l’attaque par la chaîne d’approvisionnement numérique, qui est devenu l’une des menaces les plus redoutables de ces dernières années.

 

Ransomwares en France : des chiffres qui donnent le vertige

Le timing de ce documentaire n’est pas anodin. La France traverse une période de tension cyber inédite :

• En 2024, la France affichait le taux le plus élevé d’attaques par rançongiciel parmi les pays étudiés par Sophos, avec 74 % des entreprises interrogées déclarant en avoir été victimes.

• Mondialementl, 5 414 attaques ransomware ont été recensées en 2024, soit une hausse de 11 % par rapport à 2023, selon Check Point Research.

• En France, l’ANSSI a enregistré 144 compromissions par rançongiciel signalées en 2024 un chiffre qui ne représente que la partie émergée de l’iceberg, la majorité des attaques restant non déclarées.

• Les PME concentrent 60 % des victimes et paient en moyenne 250 000 € de rançon, une somme qui peut simplement les mettre en faillite.

Et le coût total d’une cyberattaque pour une organisation française est estimé à 58 600 € en moyenne, incluant réponse à l’incident, interruption d’activité et rançon éventuelle.

 

« La cyber comme enjeu de société » : cette phrase change tout

« Ce film inédit a l’ambition de positionner la cyber comme un enjeu de société et sensibiliser ainsi le plus grand nombre à ce risque majeur. » Orange Cyberdefense

Cette phrase, a priori simple, porte une rupture conceptuelle majeure. Pendant des années, la cybersécurité a été cantonnée aux DSI, aux RSSI, aux équipes techniques. Un sujet d’experts pour experts. Un budget que les directions générales validaient à contrecœur, une ligne dans le bilan perçue comme un coût, pas comme un investissement.

Don’t go to the police change de registre. En passant par le format documentaire, populaire, accessible, émotionnel, il opère exactement ce que les formations PowerPoint n’ont jamais réussi à faire : créer de l’empathie. Voir un dirigeant réel, Joseph Veigas, raconter l’attaque qui a frappé son entreprise et ses clients, c’est infiniment plus percutant que n’importe quelle fiche de sensibilisation.

C’est exactement le principe de la pyramide de l’apprentissage : une formation théorique classique permet de retenir 5 % des informations. Une mise en situation pratique ou immersive ? Jusqu’à 75 %. Le documentaire joue sur ce registre émotionnel et narratif pour ancrer durablement la réalité de la menace.

 Le maillon humain : le vrai problème que personne ne veut voir

Voici le paradoxe que révèle une étude OpinionWay/LockSelf de 2025 : 94 % des salariés français estiment que la cybersécurité est l’affaire de tous. Mais près de 40 % ne se sentent pas personnellement concernés, et 64 % considèrent que leurs propres pratiques ne représentent pas une menace.

Ce déni de responsabilité individuelle, couplé à des comportements concrets à risque, 52 % utilisent des mots de passe personnels pour leurs comptes pro, seulement 31 % activent la double authentification, crée une surface d’attaque gigantesque.

Et pourtant : selon les données de FranceNum, 9 cyberattaques sur 10 résultent encore d’une erreur humaine en 2025. L’ANSSI estime même que 74 % des incidents ransomware auraient pu être évités avec une formation adéquate du personnel.

« Il est désormais urgent d’investir dans des outils de cybersécurité accessibles et dans l’accompagnement des collaborateurs. » — Julien Tessier, Co-Fondateur et Président de LockSelf

La proportion d’entreprises sensibilisant régulièrement leurs collaborateurs est passée sous la barre des 50 % en 2024, selon le Baromètre Visiativ et près d’un salarié sur deux n’a jamais reçu de formation en cybersécurité. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, ce chiffre grimpe à 68 %.

Pire encore : les habitudes à risque persistent même chez les salariés sensibilisés. Parce que la sensibilisation ponctuelle ne suffit pas. Ce qu’il faut, c’est de l’acculturation, un changement de culture profonde sur le long terme, intégré dans les pratiques quotidiennes, pas seulement dans un module e-learning annuel.

 IDZ + Ludoc : les créateurs qui savent toucher le grand public

Don’t go to the police n’est pas produit par des inconnus. Derrière le film, on retrouve IDZ, la boîte de prod qui a sorti Kaizen en 2024 le documentaire sur la performance humaine qui a pulvérisé les records au cinéma et sur YouTube, avec des millions de vues. IDZ sait comment embarquer un public non-averti sur des sujets de fond.

La réalisation est signée Ludoc, à qui l’on doit notamment Sous influence et Comment j’ai traqué et fait arrêter un prédateur, deux œuvres qui démontrent la capacité du studio à traiter des sujets sensibles et complexes avec la précision d’une enquête journalistique et la puissance narrative d’un thriller.

18 experts français et internationaux témoignent dans le film : chercheurs, enquêteurs, experts forensics, dirigeants d’entreprise. Une distribution qui ancre le documentaire dans la réalité du terrain, loin de la vulgarisation superficielle.

Orange Cyberdefense : 10 ans au cœur de l’écosystème

Fondé il y a dix ans, Orange Cyberdefense est aujourd’hui l’un des leaders européens de la cybersécurité managée. Leur initiative de produire ou co-produire ce type de contenu grand public s’inscrit dans une tendance de fond : les acteurs du secteur comprennent que la bataille ne se gagne pas uniquement sur le plan technique, mais aussi sur le terrain de la sensibilisation et de la culture du risque.

En choisissant de fêter leur décennie avec une avant-première plutôt qu’avec un white paper, Orange Cyberdefense envoie un signal fort : la cyber doit sortir de sa bulle d’experts. Elle doit parler aux dirigeants, aux RH, aux managers, aux salariés de tous niveaux et même au grand public.

 

Pourquoi vous devriez y aller (ou regarder le film dès sa sortie)

Parce que la cybersécurité n’est plus l’affaire des seuls techniciens. Parce que votre entreprise, quelle que soit sa taille, est une cible potentielle. Parce qu’une attaque ransomware ne détruit pas seulement des données, elle détruit des emplois, des projets, parfois des années de travail.

Et parce que comprendre, c’est déjà se défendre. Don’t go to the police, c’est exactement ça : transformer la peur en connaissance, et la connaissance en action. Un format rare dans l’écosystème cyber, au bon endroit, au bon moment.

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