Le constructeur automobile le plus vendu au monde ne veut plus se contenter de faire des voitures. BYD vient de confirmer son entrée officielle dans la robotique humanoïde, avec l’annonce d’une gamme de robots destinés à être distribués via son propre réseau de concessions, exactement comme ses véhicules électriques. Une décision qui positionne directement la firme de Shenzhen face à Tesla et son robot Optimus.
Ce n’est pas une décision prise à la légère. Depuis 2022, BYD dispose d’une division interne baptisée “Embodied Intelligence Research Team”, qui travaille discrètement sur des robots humanoïdes, des systèmes bipèdes et des AGV (véhicules guidés automatisés). En décembre 2024, le groupe avait déjà lancé une campagne mondiale de recrutement ciblant les meilleurs profils en robotique avancée issus des plus grandes universités.
La vice-présidente de BYD, Stella Li, résume la stratégie avec franchise : les compétences mobilisées pour les véhicules intelligents (perception de l’environnement, prise de décision, contrôle des mouvements, gestion des batteries) sont exactement les mêmes que celles nécessaires à la robotique. En clair, BYD considère que son ADN technologique automobile est un avantage compétitif direct dans ce nouveau marché.
Wang Chuanfu, PDG de BYD, avait annoncé lors des 30 ans de l’entreprise un investissement massif de 100 milliards de yuans (environ 13,7 milliards de dollars) dans l’IA et la robotique. La vision est claire : les robots humanoïdes seront d’abord déployés dans les usines BYD pour des tâches d’inspection, de contrôle qualité et de logistique, avant d’être commercialisés au grand public.
Sur le terrain, BYD s’appuie déjà sur un partenariat avec UBTECH Robotics, qui produit en série le robot Walker S2, un humanoïde industriel déployé dans plusieurs sites BYD avec des gains d’efficacité de +120 % en tri de pièces selon les tests internes.
L’information qui a fait le plus de bruit : BYD envisagerait de créer une plateforme ouverte pour les robots humanoïdes, accessible et modifiable par d’autres entreprises. Li Ke, dirigeant de la division robotique, a confirmé que BYD avait les capacités techniques pour créer un tel écosystème open source, une approche qui pourrait bouleverser le secteur dominé par des acteurs fermés comme Tesla Optimus ou Figure.
Aucune date n’est encore confirmée, ni fiche technique, ni tarif. Mais le signal est clair : la Chine ne joue plus seulement dans la cour des grands de l’automobile électrique. Elle vise désormais la prochaine révolution industrielle et BYD entend en être le chef de file.